lundi 26 mars 2012

Un écho du vernissage

Le vernissage a eu lieu à La Châtaigneraie ... moment très valorisant pour les jeunes !

Monsieur Marc Chambeau - conseiller Centre de jeunes, Conseil de la Jeunesse, Transversalités Jeunesse/Aide à la jeunesse au cabinet de Evelyne Huytebroeck - était présent. Découvrez son discours ci-dessous


Evelyne Huytebroeck aurait aimé venir assister à ce vernissage. Elle qui est, actuellement, trop souvent noyée par des chiffres, des chiffres qui n’annoncent que si peu de bonnes nouvelles. Alors, vous pensez, pouvoir assister à un vernissage où il sera question d’amour, quoi de plus agréable pour se laver la tête.

Malheureusement, elle n’est pas présente, et c’est moi qui suis chargé de prendre la parole devant vous.

Je me suis d’abord dit que c’était plutôt sympa puisque c’est moi qui aurais l’honneur, l’honneur et le plaisir, de parler d’amour avec vous. Et puis, en visitant le blog « les jeunes et l’amour », je me suis rendu compte que ceux qui allait le mieux parler du sujet, c’était les jeunes artistes, ceux qui ont accroché leur œuvres sur les murs qui nous entourent.

Je vous parlerai donc plutôt, de ce qu’un conseiller politique d’une ministre de la jeunesse sait le mieux faire, c'est-à-dire, parler des politiques que la ministre initie et souhaite développer.

Deux portes d’entrées me paraissent intéressantes à ouvrir dans le contexte de cette belle soirée de printemps. Les transversalités d’une part, dont il est beaucoup question dans nos contacts avec le secteur, et le plan jeunesse une initiative du gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles qui est en train de se construire, avec la participation active de certains membres de cette assemblée.

La ministre pense, et je me permets de penser avec elle, que les politiques de jeunesse ne doivent pas être cloisonnées et que des partenariats sont intéressants, et sans doute nécessaires pour développer des projets qui concerneraient la diversité des jeunes et la diversité de leurs projets.

Si vous me permettez une petite digression, pour préparer ce petit discours, je me suis plongé dans cette excellente publication publiée par la fédération des maisons de jeunes qu’est « Courant continu ». Et je me suis, une nouvelle fois rendu compte, que les transversalités, elles existent dans bon nombre d’activités des maisons de jeunes. Et par exemple à Florennes avec un CEC, le centre culturel régional et le foyer culturel local, à Marche avec les compagnons bâtisseurs, à Rochefort le centre infor jeunes, à nouveau le centre culturel et l’asbl Tels quels, à Huy pour Prisme d’amour (Décidément, les MJ aiment parler d’amour ! grâce leur en soi rendue !) Je disais donc à Huy où des partenariats se sont établis notamment avec la bibliothèque locale, le planning familial, l’Amo « Droit des jeunes » (tiens une Amo !). Mais aussi le centre belge de la bande dessinée à Ixelles, lors de la Muséum Night Fever.

Les transversalités, il en est aussi question dans le cadre du projet dont nous pouvons admirer un aboutissement aujourd’hui. La FMJ, trois maisons de jeunes travaillent en collaboration importante avec une institution culturelle reconnue, la Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège et exposent à la Châtaigneraie, une référence et un projet original ouvert sur le monde qui permet à une diversité d’artistes de trouver un lieu où leurs expressions peuvent être vues et entendues.

Le plan jeunesse dont je parlais tout à l’heure, entend valoriser l’image positive des jeunes, bien loin des stigmates dont on les affuble trop souvent. Comment mieux valoriser cette image positive qu’en faisant échos à leurs capacités diverses. C’aurait pu être le sport, c’aurait pu être la littérature, la chanson, la musique, le théâtre, la danse, et ça l’est souvent dans d’autres lieux. Aujourd’hui, à la châtaigneraie, ce sera la photo.

Cette association entre les maisons de jeunes et des partenaires qui ont pignon sur rue (comme on dit) permet à des jeunes qui par ailleurs, ont eu l’occasion de développer leur créativité, d’affiner leur technique, de réfléchir collectivement aux messages qu’ils voulaient exprimer, de transmettre leurs idées, leurs sentiments, leurs émotions, sur les murs qui nous entourent, dans un lieu et un cadre confortable, un lieu où les expressions diverses peuvent trouver écho auprès d’un public large et diversifié.

Comme acteur politique dans le domaine de la jeunesse, c’est cette démarche que je voudrais ici souligner : la mise à disposition de lieux adéquats et reconnus à des jeunes qui par leurs capacités, leurs créativités, leurs expressions appellent à être vus et entendus.

Les jeunes photographes qui sont exposés ici ont probablement réalisé ce travail pour se faire plaisir, dans l’esprit de création collective et de rencontres qui semble avoir présidé aux travaux avec le collectif Out of Focus. Mais un travail artistique demande aussi à être vu, à être diffusé. Et construire un projet culturel et artistique en bénéficiant des conseils de professionnels, en bénéficiant d’infrastructures de qualité, c’est autre chose que de vouloir se débrouiller avec des moyens forcément plus limités. Il est vraiment important de se rendre compte combien la mobilisation créative des jeunes peut s’affirmer quand ils savent qu’ils vont pouvoir l’exprimer dans le cadre d’un événement tel que la biennale de la photographie, qu’ils vont pouvoir l’exposer dans un lieu comme la châtaigneraie. Il est tout aussi important de savoir que les maisons de jeunes, petites structures qui mettent la créativité et l’expression des jeunes au centre de leur préoccupations, trouvent, au sein de tels partenariats, les éléments nécessaires pour crédibiliser davantage leurs actions. Je crois enfin, personnellement, que ces partenariats sont utiles et intéressants aussi pour la biennale comme pour la châtaigneraie, mais également pour beaucoup d’autres espaces culturels et artistiques. Dans un lieu comme celui-ci, il y a de la place pour des professionnels de la peinture, de la sculpture, de la photo, de l’architecture,... Mais ce que sont capables de créer de nombreux jeunes, ce qu’ils sont capables de montrer sur ces cimaises, participe aussi de la valorisation d’un tel lieu.

Valoriser l’image des jeunes, c’est leur donner les espaces dans lesquels ils pourront dire ce qu’ils ont à dire, avec des modes d’expressions qui n’arrêtent pas de surprendre. Pour ce faire, poursuivre et pérenniser des partenariats entre les maisons de jeunes, lieux d’expression des créativités et lieux de création des expressions jeunes, et des lieux culturels, institutionnalisés par la qualité de leurs offres, est une proposition tellement constructive que je n’imagine pas que les acteurs en charge de l’élaboration concertée du Plan Jeunesse puissent ne pas s’en saisir.